Laetitia Melon

UFAS asbl

 

 

Quand les travailleurs sociaux parlent de leurs conditions de travail ». Résultat d’une enquête au sein de la CP 319.02 (sous-commission paritaire des établissements et services d’éducation et d’hébergement de la Communauté française, de la Région wallonne et de la Communauté germanophone). Résumé Laetitia Melon

 

Cette intervention est le fruit d’une recherche doctorale en cours qui a pour thème l’analyse des risques psychosociaux dans la commission paritaire 319.02 qui se caractérise par sa démarche inductive qui traduit sa volonté d’être au plus près de la réalité de terrain des professionnels rencontrés.

Ce secteur a la particularité de couvrir plusieurs sous-secteurs ayant des réalités différentes comme l’accueil et l’hébergement des personnes handicapées, les institutions psycho-sociales de l’Aide à la jeunesse, les maisons d’accueil d’urgence, etc.

Ce secteur avait particulièrement attiré notre attention car il occupe de nombreux éducateurs, un des métiers canoniques du travail social à côté des assistants sociaux. D’ailleurs, on peut constater des conditions de travail communes au sein du secteur non-marchand.

En effet, il s’agit de métiers essentiellement relationnels qui touchent aux problèmes psycho-sociaux d’un public de plus en plus vulnérable et devant faire face à des injonctions gestionnaires de plus en plus fortes.

Pour répondre à ces contraintes, les professionnels doivent faire davantage preuve de créativité, d’autonomie qui réclament un surinvestissement de leur part. Face aux problèmes de reconnaissance, conflits de valeurs, confusion des rôles,… les travailleurs mettent en place des stratégies permettant de faire face à une surcharge mentale pouvant conduire au burnout.

Il s’agit notamment de considérer le travail non plus comme une priorité en développant des activités extra-professionnelles au sein ou en dehors du champ social.

De plus, les travailleurs sociaux semblent s’appuyer sur leur humour même si celui-ci est considéré comme noir ou cynique. Bien que les syndicats soient qualifiés de contre-pouvoir, ceux-ci ne sont toutefois pas considérés comme un soutien efficace étant donné le manque, souvent relevé, d’investissement de la part des délégués syndicaux.